Le 13 mars 2009 arrow Le 13 mars 2009 arrow La Table ronde arrow Compte rendu de la table ronde
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Écrit par Bélinda LESNIAK   

Une table ronde intitulée "tous producteurs de l'information, pour quel contenu?" s'est donc tenue à la journée Idemmatic, avec Muriel Vandermeulen, Charles Bricman, Alexandre Villeneuve, Lionel Damm et Eric Delcroix en qualité d'intervenants, et Fabrice et Romain en animateurs.

Les questions suivantes ont été abordées :

- Faut-il une formation à la création et à la lecture des contenus ?

- Les différences entre créateur et relayeur d'informations

- Internet va-t-il amener la mort du journalisme institutionnel ?

- Quelle sécurité pour les données personnelles mises en ligne ?

Faut-il une formation à la création et à la lecture des contenus ?

La réponse est oui, il faut une formation à l'écriture. Il y a des normes d'écriture à respecter. Mais il faut aussi être sensibilisé à l'ergonomie des contenus.

Le problème est le suivant : quel est réellement le lectorat, est-ce que c'est bien celui à qui on destine le contenu ? Des personnes se trompent, mais on peut aussi se poser la question de savoir si l'on écrit clairement.

Il faut également une formation à la lecture, car les gens ne font pas attention à ce qu'ils lisent. Ils doivent acquérir un esprit critique et analyser les informations qu'ils trouvent. Cet esprit critique est très important sur le Web, car de fausses informations peuvent être relayées. Cela va de pair avec une formation à la recherche d'informations, car si l'on n'est pas formé, on peut rechercher la mauvaise information.

Il faut savoir mettre en doute les informations que l'on trouve, avoir du recul et couper les sources.

La formation à l'écriture et la formation à la lecture sont donc très liées.

(Un intervenant a conseillé la lecture de The Perfect Storm d'Eric Scherer.)

Les différences entre créateur et relayeur d'informations.

Pour commencer, Charles Bricman nous a donné sa définition d'information : ce sont des données enrichies par des connaissances : on ne peut tirer de conclusion que si on sait analyser les données toutes ensembles.  Il faut savoir interpréter ce qu'on lit. Par exemple,  en regardant la météo, la donnée c'est qu'il va faire froid. La connaissance, c'est que je dois mettre un pull.

Il y a bien sûr une différence entre les deux : le créateur crée le contenu, sa structure, il cherche les informations, les recoupe... Le relayeur se contente, comme son nom l'indique, de relayer ce contenu.

Il existe des blogs influents qui fourni du contenu à d'autres sites.

Il y a aussi le buzz marketing : on peut prendre l'exemple d'une société qui vend des oreillettes bluetooth.  Sa publicité consistait à faire croire qu'en mettant  3 portables en forme d'étoile, on pouvait faire sauter des popcorns! Les gens qui n'ont pas vu la fin de cette publicité croient toujours que c'est vrai.

Un autre problème se pose, c'est celui de rebloguer : on va prendre des informations ailleurs et les utiliser sur son site, sans citer la source. On ne respecte pas le droit d'auteur. Au début des blogs, il y avait des trackbacks qui permettaient de savoir d'où venaient les informations, cela n'existe plus.

Internet va-t-il amener la mort du journalisme institutionnel ?

Selon nos intervenants, il n'y aura pas de fin du journalisme, car il faudra toujours des personnes pour mettre en forme l'information.

La question qui se pose plutôt est celle de la disparition des journaux papier et, plus tard, celle des journaux télé. En effet, si l'on s'abonne aux flux RSS des sites de presse, on n'a plus besoin des journaux papier.

Toutefois, le papier a une supériorité sur le net : pour chercher un résumé sur un sujet, on ira sur le Web, mais pour avoir une information plus approfondie, on lira le journal papier.

La remise en cause du journal papier ne signifie donc pas sa perte. Une référence a été faite à Paul Bradshaw qui explique le processus actuel de la production de l'information pour un journaliste.

Il a aussi été question des blogueurs. Certains d'entre eux réussissent à créer un lien de confiance avec les lecteurs. Mais un blogueur est-il un journaliste ? Le journaliste a un rédacteur en chef au-dessus de lui, le blogueur écrit comme bon lui semble. Il faudrait que les blogueurs travaillent comme des journalistes pour que la réponse soit positive. Se pose ici la question de la professionnalisation : le blogueur n'est pas tenu par quoi que ce soit. Il doit se plier aux règles de la profession et s'intégrer à la profession s'il veut devenir journaliste. Le blogueur va parler de données sans parler de vraies informations.

Il faut faire attention à la pertinence de l'auteur, se demander s'il est objectif ou s'il veut nous guider dans une direction. Une personne qui nous parle sur tel sujet, il faut se demander si elle est compétente. On n'a pas toujours le temps de vérifier, c'est à ce moment qu'intervient la confiance aux médias, on se dit que ce site est sérieux, alors ce qu'il dit doit être vrai.

Pour finir, on peut dire qu'il existe des différences de construction entre un article papier et un article sur le Web. Dans le papier, on parle de tout, on ne mentionne donc pas ses concurrents. Tandis que sur le Web, il y a beaucoup de liens vers l'extérieur.

Quelle sécurité pour les données personnelles mises en ligne ?

Il y a une grosse problématique autour de la sécurité des données. Il ne faut pas écrire n'importe quoi, et faire attention aux informations que l'on donne, si elles peuvent nous porter préjudice, on ne les met pas. De plus, il est difficile de supprimer le contenu une fois qu'il a été mis sur Google (cf. les caches, par exemple) ou encore aux sites qui gardent des archives tels archive.org. Tout ce qu'on a fait ou pas sur Internet participe à l'image que l'on donne de nous.

Il y a aussi une sécurité dans la production de contenus. En effet, on donne un accès aux rédacteurs sur les CMS, etc. Dans ce cas, si le contenu détermine la crédibilité du site, il est normal de voir à qui on donne accès à ce contenu.

Si une personne souhaite travaille sur le Web, il faut y être présent, exister, montrer une partie de nous. Par exemple, on peut s'inscrire sur des réseaux sociaux, commenter des articles... Mais il faut bien penser à ce que l'on va dire de soi. Il faut se gérer comme une marque : où je veux aller, qu'est-ce que je veux dire...

Pour conclure, nous pouvons dire que cette table ronde a exploré les différentes parties de la création de contenus sur Internet, et que les intervenants ont su apporter un point de vue clair et intéressant sur le sujet.


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